On refait les élections !

Publié le jeudi 8 novembre 2018 à 15:17

Considérées comme l’un des principaux piliers de la démocratie, les élections revêtent un enjeu tout particulier pour nos chaînes généralistes, singulièrement lorsqu’elles relèvent du niveau de pouvoir le plus proche des citoyens. L’occasion de revenir sur notre dispositif électoral inédit avec ceux qui ont piloté notre dispositif : Lara Friso, Bruno de Roy et Nathan Skweres.

Le 14 octobre dernier, les citoyens belges étaient invités à choisir leurs nouveaux élus locaux. Un rendez-vous essentiel et hautement complexe pour nos équipes en charge de l’info, qui ont fait de la proximité leur marque de fabrique.

C’est que couvrir les enjeux spécifiques de 281 communes, cela ne se fait d’un coup de cuiller à pot, nécessite d’importantes ressources et une longue préparation.

Résultat : un travail de mise en place du dispositif électoral qui a débuté dès décembre 2017 et auquel plus de 150 personnes ont pris part, de près ou de loin, soit près d’un tiers du personnel d’RTL Belgium ! C’est énorme.

Comme le relève Nathan, « Nous voulions créer l’événement autour des élections communales, alors que celles-ci sont justement un challenge pour un média national comme le nôtre : comment parvenir à couvrir l’actualité de ces 281 communes alors qu’elles ont chacune leurs propres défis et enjeux ? »

Les équipes se sont très vite accordées sur deux maîtres-mots : transversalité et innovation.

« Nous avons d’abord défini les concepts que nous voulions mettre en œuvre », note Bruno. « Nous voulions faire de la proximité notre principal atout dans la couverture des élections tout en veillant à rester accessibles, concrets et utiles pour les gens, en évitant de verser dans les débats politiques où les candidats se parlent entre eux et excluent le citoyen des discussions. Les nouvelles technologies et les spécificités de chacune de nos chaînes ont été mises à contribution pour nous permettre d’atteindre ces objectifs ».

« Nous avons joué la carte de la transversalité sur trois niveaux », complète Lara. « Sur l’ensemble des médias évidemment, tant en télé qu’en radio et sur le digital. Mais aussi en intégrant les spécificités de chacune de nos marques car nous n’allions pas évoquer les élections sur Radio Contact de la même manière que sur Bel RTL, RTLInfo.be ou RTLplay. Transversalité au niveau des équipes enfin en unissant les forces des équipes de la rédaction, de la production et de la technique. C’est ce dernier point qui a fondamentalement rendu possible notre déploiement. »

Cette transversalité au niveau des équipes a été mise à contribution pour mettre en œuvre des projets innovants. « Rien ne ressemble plus à une élection qu’une autre élection », poursuit Nathan. « Les enjeux varient bien entendu mais fondamentalement ce sont des personnes qui cherchent à obtenir le soutien de leurs pairs. Nous nous sommes donc appuyés sur les spécificités d’un scrutin local en veillant à les maximiser ».

Les 48h des Bourgmestres étaient nées.

« La question de départ était simple : comment un média national peut-il traiter 281 réalités différentes. La réponse a été tout aussi évidente : en donnant la parole à ces 281 localités. Restait à mettre tout ça en musique ».

Cette opération inédite, un peu folle au départ, a pu devenir réalité grâce à l’implication de chaque rouage de RTL Belgium. « Dès que l’idée de Christophe Deborsu a été approuvée par la direction, indique Nathan, les équipes techniques emmenées par Giovanni Falletta, Serge Eggen et Damien Van den driessche, ont proposé des solutions innovantes, légères, relativement peu coûteuse pour réaliser une émission diffusée sur le web, mais avec des images tout à fait dignes d’une diffusion télé. »

Il ne manquait plus que les invités… « 281 invitations ont été envoyées. Nous vivions avec l’angoisse de n’avoir que peu de réponses. Le défi était de taille : convaincre les bourgmestres de se déplacer, parfois à des heures impossibles, en pleine nuit, pour participer à une interview uniquement diffusée sur le web, etc. Mais les partis politiques, au départ interloqués, ont tout fait pour qu’un maximum de bourgmestres répondent favorablement à notre invitation (il y en a eu près de 265 sur 281 !). Ceux qui passaient la nuit ont parfois même répondu plus rapidement ! »

Le succès de l’initiative a été retentissant. « La dimension digitale du projet a contribué à sa très large diffusion”, explique Nathan. “L’équipe de RTLplay a entrepris de « snacker » très rapidement chaque interview pour faciliter son partage sur les réseaux sociaux par les différents protagonistes, contribuant ainsi au rayonnement de l’opération. Plus encore, en acceptant de mettre en avant l’opération en télévision comme en radio, en n’hésitant pas à ouvrir les RTL Info de 13 et 19h en parlant des « 48h » ou encore en diffusant un maximum d’extraits sur le web, la rédaction de RTL Info a contribué à asseoir la notoriété et le crédit de l’initiative. »

 

 

C’est dans le même esprit que l’ensemble du dispositif électoral a été réfléchi. « On sait que beaucoup dans le milieu politique vivaient ces élections communales comme une sorte de répétition avant le maxi-scrutin de mai 2019, nous pas relève Lara. Si on a tenté de nouvelles choses comme « RTL Info refait la campagne » qui débutait sur RTL TVI et se poursuivait sur RTLplay en adoptant un ton plus libre, c’était avec l’objectif qu’elles servent pleinement le propos des communales. On a considéré ce scrutin pour ce qu’il était, un rendez-vous des citoyens avec ce qui fait leur quotidien. »

Des décrochages et des débats locaux sur Bel RTL, des séquences très pratico-pratiques et explicatives sur RTLinfo.be, etc., tout a été mis en œuvre pour que le public, quel que soit son lieu de résidence, puisse se sentir concerné. En veillant à y mettre les formes. « On a imaginé le studio spécifiquement pour ce rendez-vous au cours duquel chaque résultat annoncé à un impact, note Bruno. Lors des communales, les résultats de chaque commune sont relevants pour les citoyens qui y habitent, il faut donc se donner les moyens de les parcourir tant en termes de temps qu’en matière de lisibilité. La technologie de la réalité augmentée a été ici d’une première importance. Nous ne l’avons pas limitée à des aspects strictement esthétiques, on a élargi son utilisation à la présentation des résultats en donnant la capacité aux journalistes de maîtriser eux-mêmes leur apparition. Tout cela a demandé énormément de travail et de coordination entre toutes les équipes concernées. Et au final, on a de quoi être particulièrement fier de ce que, tous ensemble, nous sommes parvenus à accomplir ».